Summary
Venezuela - Concept d'opérations, juillet 2026
Contenu
Contexte
En 2019, des structures de coordination humanitaire ont été mises en place au Venezuela, conformément aux lignes directrices du Comité permanent interorganisations (IASC), notamment la nomination d’un coordinateur humanitaire (CH) et d’un coordinateur humanitaire adjoint, la mise en place d’une équipe humanitaire nationale (EHP), d’un mécanisme de coordination inter-clusters et l’activation de huit clusters, dont le cluster Logistique.
Après plusieurs années de fonctionnement, et dans le cadre des processus de révision des structures de coordination humanitaire dans le pays, le cluster logistique a été officiellement désactivé en 2025 et ses fonctions ont été transférées à un groupe de travail national sur la logistique (GTL) dirigé par le Programme alimentaire mondial (PAM, selon son acronyme anglais). Ce mécanisme continue d’assurer la coordination, la gestion de l’information et les échanges techniques entre les partenaires humanitaires, en mettant l’accent sur le suivi des lacunes logistiques, la coordination avec les acteurs nationaux et le renforcement de la préparation et de la réponse aux situations d’urgence.
Le 24 juin 2026, le Venezuela a été frappé par deux séismes consécutifs de grande magnitude, d’une magnitude respectivement de 7,2 et 7,5, qui ont touché la région centre-nord du pays. Le gouvernement vénézuélien a déclaré l’état d’urgence national, tandis que se poursuivent les opérations de recherche et de sauvetage, les soins médicaux d’urgence ainsi que l’évaluation des dégâts et des besoins. La Guaira, Caracas et d’autres États du nord du pays ont enregistré des dégâts touchant les habitations, les infrastructures critiques et les services essentiels.
La situation continue d’évoluer. Des rapports préliminaires font état de morts et de blessés, de bâtiments effondrés ou gravement endommagés, de coupures d’électricité, d’eau, de télécommunications et de transports, ainsi que de multiples répliques qui maintiennent des conditions de risque pour la population et compliquent l’accès aux zones touchées.
Dans ce contexte, le présent concept d’opérations établit le cadre initial de coordination logistique visant à soutenir une intervention humanitaire rapide, coordonnée et axée sur les besoins, en complémentarité avec les autorités nationales, l’EHP, les clusters et les partenaires humanitaires. Ce document sera mis à jour à mesure que des informations supplémentaires seront disponibles concernant l’impact du séisme, les conditions d’accès, le fonctionnement des infrastructures logistiques clés et les priorités opérationnelles identifiées par les partenaires.
Lacunes et défis logistiques
- Les informations sont limitées quant aux capacités logistiques disponibles à la suite du séisme, notamment en ce qui concerne l’état de fonctionnement des ports, des aéroports, des entrepôts, des centres logistiques, des infrastructures de transport, des équipements de manutention et des procédures douanières, ce qui entrave la planification efficace de l’intervention.
- Dégâts et perturbations touchant les infrastructures critiques et les services essentiels, notamment les routes, les ponts, les entrepôts, les bureaux opérationnels, les télécommunications, l’électricité et l’approvisionnement en eau, ce qui affecte la capacité de stockage, de transport et de distribution de l’aide humanitaire.
- Forte concentration de l’aide humanitaire sur un nombre restreint de points d’entrée stratégiques, principalement l’aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía (CCS) et le port de La Guaira. L’augmentation du nombre de vols et d’envois humanitaires nationaux et internationaux pourrait temporairement dépasser les capacités disponibles pour la réception, l’inspection, le déchargement, le stockage et l’acheminement des marchandises, ce qui entraînerait des goulots d’étranglement opérationnels.
- Manque de clarté concernant les procédures d’importation exceptionnelles pour les fournitures humanitaires, notamment les mécanismes de facilitation douanière, les exonérations fiscales, les exigences documentaires et les procédures applicables aux agences des Nations unies, aux organisations non gouvernementales internationales et aux acteurs nationaux. Cette situation peut retarder la mobilisation de fournitures essentielles, notamment les médicaments, les équipements médicaux et le matériel spécialisé nécessaire à l’intervention.
- Restrictions et disponibilité irrégulière de carburant, ce qui engendre des risques pour la continuité des opérations logistiques, augmente les coûts de transport et limite la capacité de mobilisation du personnel, des fournitures et des équipements vers les communautés touchées ou difficiles d’accès.
- Capacité limitée de stockage temporaire et de prépositionnement des fournitures humanitaires dans les zones touchées, ce qui accroît le besoin d’espaces de stockage communs et de mécanismes de regroupement des chargements afin d’améliorer l’efficacité de l’intervention.
- Accès limité à des informations logistiques consolidées et mises à jour en temps réel, notamment concernant l’état des routes, des ponts, des infrastructures critiques, des itinéraires alternatifs, des capacités de stockage, des opérateurs logistiques disponibles et des mouvements de l’aide humanitaire, ce qui complique la prise de décisions opérationnelles fondées sur des données factuelles.
- Multiplicité des acteurs humanitaires impliqués dans l’intervention, opérant dans une zone géographique restreinte.
- Manque de clarté concernant les processus de gestion des cargaisons humanitaires aux points d’entrée désignés par le gouvernement national (port de La Guaira, aéroport Simón Bolívar – CCS).
Objectifs
Le Groupe de travail sur la logistique (GTL), dirigé par le PAM, soutiendra l’intervention humanitaire suite au séisme au Venezuela par le biais de la coordination logistique, de la gestion des informations opérationnelles et du suivi des lacunes logistiques susceptibles d’affecter la capacité des partenaires humanitaires à atteindre la population touchée. Les objectifs spécifiques sont les suivants :
- Renforcer la coordination logistique entre les organisations humanitaires, les autorités nationales, les acteurs locaux et les autres mécanismes de coordination pertinents afin de favoriser une intervention efficace, complémentaire et axée sur les besoins de la population touchée.
- Soutenir les autorités nationales dans la consolidation et l’analyse des informations relatives aux mouvements de cargaisons humanitaires, contribuant ainsi à une meilleure coordination et à une meilleure hiérarchisation des ressources pendant la situation d’urgence.
- Fournir des informations logistiques opportunes et fiables sur les conditions d’accès, les infrastructures critiques, les points d’entrée, les capacités opérationnelles disponibles, les contraintes logistiques et l’évolution de la situation, afin de soutenir la planification et la prise de décision de la communauté humanitaire.
- Identifier, suivre et signaler les lacunes et les goulots d’étranglement logistiques qui affectent la réception, le transport, le stockage et la distribution de l’aide humanitaire, en favorisant des solutions coordonnées pour réduire leur impact sur les opérations.
- Fournir des services logistiques communs de transport et de stockage temporaire à la communauté humanitaire, lorsque des lacunes opérationnelles dépassent les capacités individuelles des acteurs, afin d’accélérer la mobilisation et la distribution d’une aide vitale aux populations touchées.
Activités prévues
Les activités et services présentés ci-après ne visent pas à se substituer aux capacités logistiques des agences et organisations individuelles, mais à identifier les lacunes dans la chaîne d’approvisionnement humanitaire et à compléter la réponse de la communauté humanitaire par la fourniture de services communs fondés sur les besoins réels.
1. Coordination
Le groupe de travail sur la logistique assurera :
- La coordination de réunions périodiques avec les acteurs humanitaires, les autorités et les mécanismes d’intervention afin d’échanger des informations opérationnelles, de hiérarchiser les besoins logistiques et d’assurer le suivi des défis communs.
- L’échange d’informations opérationnelles avec les différentes entités d’intervention afin de réduire les doubles emplois, de favoriser la complémentarité entre les acteurs et de soutenir l’identification de priorités logistiques communes.
- L’identification, le suivi et le signalement des lacunes logistiques liées au transport, au stockage, à l’accès humanitaire, à la disponibilité du carburant, aux importations et à la gestion des cargaisons humanitaires.
- Transmission aux autorités compétentes des restrictions opérationnelles signalées par les partenaires et affectant l’accès, le stockage ou le transport de l’aide humanitaire.
- Coordination avec le groupe IMPACCT et les autorités compétentes pour la collecte et la diffusion d’informations sur les procédures douanières, les importations et les exigences opérationnelles relatives à l’entrée de l’aide humanitaire.
- Consolidation et diffusion d’informations sur les mouvements de cargaisons humanitaires nationales et internationales afin de renforcer la visibilité de la chaîne d’approvisionnement et de soutenir la coordination de la réponse gouvernementale et humanitaire.
2. Gestion de l’information
Le groupe de travail sur la logistique mènera des activités de gestion de l’information visant à soutenir la prise de décision opérationnelle des partenaires humanitaires, notamment :
- Contribution à l’élaboration de documents, d’analyses et de produits intersectoriels intégrant des informations et des considérations logistiques pertinentes pour l’intervention humanitaire.
- Collecte, analyse et diffusion d’informations logistiques concernant l’accès, les infrastructures critiques, les points d’entrée, les capacités de stockage, le transport et d’autres contraintes opérationnelles via la plateforme LogIE et les rapports logistiques.
- Faciliter l’échange d’informations entre les partenaires grâce à la gestion des canaux de communication du GTL, notamment les réunions de coordination, les listes de diffusion, la page dédiée sur le site web du Cluster logistique et d’autres mécanismes convenus avec les acteurs participants.
- Création de produits d’information clés pour les partenaires, notamment des comptes-rendus de réunion, des cartes, des aperçus, des tableaux de bord, des mises à jour opérationnelles et autres.
3. Services logistiques
Les services logistiques fournis par le Groupe de travail sur la logistique (GTL) ne visent pas à se substituer aux capacités logistiques des agences ou des organisations, mais à les compléter en leur donnant accès à des services communs destinés à combler les lacunes identifiées dans la chaîne d’approvisionnement humanitaire. La mise à disposition de ces services sera soumise aux conditions d’accès, à la disponibilité des ressources, aux autorisations pertinentes et aux priorités opérationnelles définies par le gouvernement national en coordination avec OCHA et d’autres mécanismes pertinents de la réponse. Tous les services fournis par l’intermédiaire du GTL s’aligneront sur les priorités sectorielles définies par le gouvernement et les différents secteurs.
Compte tenu des besoins initiaux identifiés pour la réponse au séisme, il est prévu de fournir les services suivants :
Stockage :
- Stockage temporaire dans des zones de transit temporaire (ATP) pour le regroupement et l’acheminement de l’aide humanitaire à La Guaira.
Transport :
- Transport de marchandises humanitaires depuis les principaux points d’entrée logistiques, à savoir l’aéroport international Simón Bolívar (CCS), l’aéroport de Valence (VLN) et le port de Puerto Cabello (VEPBL), vers les entrepôts du GTL à La Guaira.
- Transport de l’aide humanitaire depuis les États limitrophes, notamment Miranda, le District fédéral et Aragua, vers les entrepôts du GTL à La Guaira.
- D’autres services de transport (par exemple : le transport du dernier kilomètre dans les zones touchées) pourraient être envisagés, mais ils seront soumis à la disponibilité des fonds, à l’accès et à la capacité opérationnelle.
Tous les services proposés par le GTL sont soumis à des restrictions d’accès, de sécurité et de disponibilité des moyens de transport.
Le concept d’opérations est un document évolutif ; tous les services qui y sont inclus seront révisés, étendus ou réduits à mesure que la situation évoluera, que de nouvelles lacunes logistiques et de nouveaux besoins seront confirmés, que des informations actualisées sur les infrastructures et l’accès seront disponibles, ou que de nouvelles priorités opérationnelles de l’intervention seront définies.
Annexe – Carte du concept d’opérations